Leçons des efforts d’atténuation passés

Face à l'escalade de la menace du changement climatique, une nouvelle étude met en lumière les succès et les défis rencontrés par les pays dans leurs efforts de mitigation de cette crise mondiale. Tirant des leçons des accords climatiques passés, la recherche offre un récit convaincant qui souligne l'importance cruciale d'un suivi et d'une évaluation efficaces des plans d'action nationaux face au climat.

L'étude, publiée dans Nature Climate Change, examine les performances de 34 pays dans la réalisation de leurs objectifs de réduction des émissions fixés lors du sommet climatique de Copenhague en 2009 (COP15). Les résultats révèlent que seuls 15 de ces nations ont pu atteindre leurs objectifs de réduction des émissions pour 2020, tandis que 19 ont eu des difficultés à atteindre leurs cibles.

Les chercheurs, dirigés par Shuping Li, analysent méticuleusement les facteurs responsables de ces issues divergentes. Ils découvrent que la force motrice principale derrière la réduction des émissions dans tous les trois groupes - réussite, en cours de route et échec - a été la baisse de l'intensité énergétique. Cela a été suivi par des améliorations des structures industrielles et énergétiques, qui ont joué un rôle crucial dans la réduction ou l'atténuation de la hausse des émissions dans certains pays.

Cependant, l'étude met en évidence un contraste frappant entre les nations prospères et celles qui luttent. Pour les groupes "en échec" et "en cours de route", les principaux défis ont été la croissance du revenu par habitant et la taille de la population, qui ont dépassé leurs efforts pour limiter les émissions. En revanche, le groupe "réussite" a réussi à compenser ces pressions de croissance grâce à des réductions plus importantes de l'intensité énergétique et des changements structurels.

Ces conclusions offrent des perspectives capitales alors que le monde se tourne vers les objectifs ambitieux fixés par l'Accord de Paris, qui vise à limiter la hausse de la température mondiale à bien en deçà de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Les auteurs soulignent que de nombreux pays doivent intensifier leurs efforts de réduction des émissions par rapport à la décennie précédente pour atteindre leurs objectifs 2030. Échouer à le faire pourrait compromettre leur capacité à atteindre des objectifs à long terme plus exigeants, y compris les émissions nettes nulles.

Les auteurs proposent plusieurs stratégies pour relever ces défis. L'une des recommandations clés consiste à renforcer les réductions de l'intensité énergétique et à réévaluer soigneusement les structures énergétiques nationales, en veillant à ce que les réductions des émissions puissent être maintenues même face aux pressions de croissance. Il est important de noter que les chercheurs mettent également en avant la nécessité de prendre en compte le phénomène de "fuite de carbone", dans lequel les émissions sont externalisées vers des pays aux cibles climatiques moins ambitieuses par le biais du commerce international. Ils suggèrent la mise en œuvre d'une taxation aux frontières comme solution potentielle à ce problème.

Les leçons tirées des objectifs de réduction des émissions de COP15 mettent en évidence la complexité du défi climatique et l'importance d'un suivi, d'une évaluation et d'un réexamen ciblés des cibles. Alors que le monde continue de lutter contre cette menace existentielle, cette étude sert de rappel sobre qu'un avenir durable nécessite une approche prudente et fondée sur des preuves qui tienne compte des circonstances et des contraintes uniques de chaque nation.

Source: https://www.nature.com/articles/s41558-024-01991-7

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